Rappel de cuti pour fan de Burton
(Biographie écrite, en 2005, à l'occasion de la sortie de Noces Funèbres et mis en ligne sur le net)
Si vous avez aimé le dernier film d'animation de Burton, (...) sachez que c'est là, un véritable rappel de cuti pour ceux qui connaissent déjà L'Etrange Noel de Monsieur Jack; sinon considéré que vous n'avez
encore rien vu, non seulement du meilleur de l'univers de Burton, mais du film d'animation en général. Ce film de Burton, sorti en 1993, attribué au réalisateur Henry Selick, a couté 15 millions de dollars et a rapporté plus de 51 millions de dollars, un succès de box-offices prolongé par les ventes de cassettes VHS et DVD à l'occasion des fêtes de fin d'année... Tim Burton est né un 25 aout 1958, à Burbank en Californie, dans une de ces villes dortoirs
("antichambre d'Hollyhood") pour obscurs techniciens du 7ième art, dont son père fait parti. Dès les années 70, il étudie au California Institute of the Art ou CalArt, école de préparation pour entrer dans les studios Disney où il débute en collaborant à plusieurs dessins animés. Assez rapidement, dès 1985, commence alors un travail personnel avec des films important où Burton revisite avec brio la culture américaine souvent raillée par l'intelligentsia critique. A l'actif de Burton, des remakes :
Batman (89), Batman le défi (92), la Planète des singes (2001) qui se démarquent visuellement et thématiquement des originaux purs produits du cinéma commercial américain. Dans la filmographie de Burton, des gros succès aussi, avec Pee Wee's Big Adventure (85), Beetle Juice (88), Mars Attacks (96), Big Fish (2003). Le chef d'œuvre, parmi ses chefs d'œuvres redevables à Edgar Allan Poe et aux films expressionnistes Allemands, reste parmi tous, le film d'animation poétique et fantastique : L'Etrange Noel de Monsieur Jack (Nigntmare Before Christmas, 93). Ce film est associé à Henry Selick, en sa qualité de spécialiste de l'animation, Tim Burton lui confie la réalisation du projet, tandis que des fonds se débloquent grâce à une coproduction offert par Disney. Et malgré la réalisation déléguée à Selick, (même génération et aussi issu du CalArt),
Tim Burton reste pourtant bien le géniteur du film, à la fois son initiateur, producteur, concepteur, scénariste, créateur, dessinateur des personnages, il a mené la vie dure à Selick, 3 ans durant, pour que le film soit ce qu'il soit, et le film lui est pleinement attribuable.
L'Etrange Noel de Monsieur Jack est l'histoire de Jack dit Jack Skellington, le prince d'Halloween, un jour qu'il se lamente sur son sort de roi de la fête de la peur, il découvre par accident une porte qui mène vers un monde nouveau lumineux et enchanteur : le pays du Père Noel. L'histoire de Jack remonte d'abord aux années des studios Disney, où Burton écrit un premier poème, inspiré de Dr Seuss qui n'est pas un vrai docteur, mais un des grands de la
littérature enfantine qui a bercé l'imagination de plusieurs génération d'enfants anglo-saxons avec ses couleurs détonantes, ses perspectives abracadabrantesques, aux histoires déjantées et intraduisibles... A mesure que se précisait le scénario, Burton travaille en équipe. Notamment la partie musicale et chantée avec le génial et virtuose Danny Elfman dont les compositions influencent le scénario. Ses compositions ont un rôle d'autant plus important qu'elles participent à la narration et sont parties prenantes de l'évolution de l'intrigue, contrairement aux pauses ou intermèdes musicaux à la
Disney. C'est bien une des originalités de ce film d'animation de donner la part belle aux mélodies symphoniques et mélancoliques. Si Elfman était la voix de Jack dans la VO du film, les chansons traduites par Philippe Videcoq et chantée en francais restent, et cela est capital, en accords avec les chansons d'Elfman. Fidèle à ses équipes de techniciens avec lesquels il travail, Burton est aussi fidèle à ses acteurs dont il est
parfois le Pygmalion. Deux actrices: Lisa Marie Smith et Helena Bonham Carter seront tour à tour ses compagnes et ses muses. Coté acteur, c'est Johnny Deep que certain considère comme l'alter ego de Burton qui joue dans plusieurs de ses films. C'est Burton qui donne à Deep sa première chance au cinéma avec Edward de Edward aux Mains d'Argent (90), puisque l'acteur en devenir n'avait alors fait que des séries. PS Tim Burton sera Président du Festival de Cannes, Mai 2010.